Dégustation!

Une conversation sur les saveurs surprenantes du Kraft Dinner, qui se transforme en dégustation officielle de nouilles entre collègues. Extra crémeux, fromage et tomates, cheddar épicé, trois fromages… Après tout, c’est aussi ça le besoin social de l’alimentation!

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Photo: Hors-Ligne

Liberté

Ce texte, c’est un court récit qui m’est venu en aide. Mais ce que je souhaite, c’est qu’il transmette de l’espoir.

La liberté. Concept vague, subjectif, abstrait; théorique ou utopique? La liberté, à mes yeux l’un des plus beaux mots de la langue française. Liberté. Du latin libertas qui signifie « état de l’homme libre ». Je me suis questionnée longuement sur sa définition, de cette expression qui je ne sais pourquoi, sonne si doux à mes oreilles, comme un appel. Concept qui m’attire et m’obnubile comme le métal à l’aimant. La liberté, ma fantaisie inaccessible. Et dans ma vie, ce qui me paraît du domaine de l’impossible est d’autant plus attrayant. C’est pourquoi à mes yeux, l’herbe de ma cour y pousse jaune à l’année. Même avec l’engrais du voisin.

La liberté, lorsque j’y réfléchis, je me visualise toucher à l’infini. Ma liberté, elle aurait une odeur, subtile, douce, comme un parfum de fleur à peine perceptible, mais qui laisse une intuition réconfortante. La liberté, je l’imagine laisser ses traces sur mon visage en y imprimant un sourire à faire brider mon regard. Et j’y rêve à ce concept qui me semble intouchable. Et par moment, même l’hiver, ça sent le lilas et des rides creusent les coins de mes yeux.

J’y rêve par privation. Parce que mes souvenirs sont l’antagoniste de ce fantasme. Parce que sommes toutes, c’est rassurant une prison, parfois plus que l’inconnu.

Ma prison elle était fictive aux yeux de tous, mais tellement réelle aux miens. C’est probablement ce décalage qui me faisait craindre l’incompréhension et qui m’a empêché d’en parler. Ma prison est donc devenue blindée et impénétrable. Et à l’intérieur y grandissait une conviction, comme un monstre affamé, alimenté par ma peur qu’il soit démasqué des autres. Nourri par le jugement. Alors que moi, cette crainte de l’opinion des autres m’empêchait de réaliser cette activité si simple, si intuitive et viscérale : manger. Le mot me faisait frémir, déjà je m’imaginais grossir. Je me voyais dans le miroir, je pesais 300 livres. 300 livres d’imperfection. 300 livres de dégoût. 300 livres de faiblesse. C’est lourd à traîner 300 livres de carences, sur un corps trop menu pour remplir un pantalon de taille 00.

Et je me cherchais. Au fond de moi je connaissais la solution pour me sortir du cercle vicieux des troubles alimentaires. Je devais trouver les raisons qui autorisaient les jugements des autres à avoir une si grande influence dans ma vie. Je devais saisir d’où venait ce vide qui me donnait une soif insatiable de grandiosité, d’aventure hors norme, de défis abracadabrants. Trouver comment combler différemment cette immensité pour faire taire le monstre qui criait si fort. Et qui criait souvent au moment où je me sentais heureuse, me reconnectant à mes 300 livres d’échec.

Et j’ai réfléchi…

L’attachement. Un autre beau mot. L’attachement qui fut brisé dans mon enfance, puis estropié par la trahison, le mensonge, le vol, le viol. L’attachement et le sentiment d’appartenance, d’identification envers quelque chose d’inatteignable. C’est quoi moi mon appartenance? Cela a pris des années pour trouver.

C’est chez moi, où il y a la mer. Ce sont les montagnes qui se jettent dans le fleuve. L’eau qui n’en finit plus de bleuter l’horizon. Mon appartenance c’est mon grand-père. C’est un pêcheur qui me parle peu. Mon grand-père, il sent l’amour inconditionnel pour sa petite-fille, et le fumet de poisson. Cet amour que j’ai seulement connu chez lui. C’est cet homme qui m’accueille parce qu’il fait tempête chez moi. Il me place dans la chambre où lorsque la mer fait rage, est noire et se fâche contre les parois de la maison, je suis à l’abri et je l’apprivoise. J’apprends à l’aimer et lorsqu’elle frappe à la hauteur de ma fenêtre, je me sens quand même en sécurité et elle m’endort. J’ai développé ce sentiment de confiance puisqu’au levé le matin, la mer est redevenue paisible, elle est bleue de nouveau et elle nourrit les oiseaux.  Et la mer, elle me suit partout où je vais. Elle caresse mes pieds chez mon grand-père, mais elle me suit le long de la côte lorsque je retourne chez mes parents. Elle est de l’autre côté de la fenêtre lorsque j’ai le cœur qui se serre à l’école. Elle berce mes souvenirs d’enfance et d’adolescence. Elle reçoit mes plus gros sanglots alors que je les enferme dans une bouteille. La mer, je m’y jette la tête dans les nuages, en priant le ciel qu’elle me permette d’atteindre l’El Dorado.

C’est ainsi que je me questionne sur mon existence pour y trouver sens afin que le monstre disparaisse. En fait, c’est moi que je dois voir réapparaitre. Je cherche mon appartenance dans cette ville où je vis sans repère et je ne trouve pas. Je me perds des années dans mille projets qui m’apportent aux quatre coins du monde, en quête de l’insaisissable. L’alchimiste de Cohelo aurait pourtant dû concocter ma raison.

Je reviens en même temps que le monstre. Il me semble insubmersible.

Je suis déboussolée alors que les années s’envolent.

Puis, je me lance dans un autre projet absurde. J’en ai marre de ma vie. J’en ai marre de la brique, je veux me rapprocher de l’infini. Je veux toucher à mon rêve de liberté. La liberté, qui grave un sourire sur mon visage et laisse un parfum floral, je la vois qui me conduit loin des pavés. Dans un ultimatum à moi de moi.

Alors, je cultive un projet pendant quelques mois. Les difficultés se présentent, mais je garde mon Nord. Si le monstre est près, parfois, il part faire un tour. Même qu’il lui arrive de se perdre pendant quelques semaines.

Le jour où mon projet se concrétise, on est en mai. Il fait un soleil radieux. Le vent est doux, il sent les lilas comme au printemps. J’ai un sourire qui mouille mon horizon.

Belle journée pour déposer mon premier voilier à l’eau. Il a fier allure, il est la représentation utopique du véhicule transportant mes fantasmes de liberté. Belle journée pour se débarrasser d’un appartement. Belle journée pour perdre pied et quitter terre.

Je suis remplie de souvenirs, comme une vieille vidéo que l’on recule pour réécouter seulement les faits saillants. Et depuis je ne sais plus quand, le monstre semble parti. Je l’ai presque oublié.

La première nuit à bord, je sais que même s’il fait tempête, je vais m’endormir.  Peut-être que j’ai trouvé comment combler ce vide, enfin. Ce qui fait sens pour moi, c’est que je retourne d’où je viens, je renoue avec mes racines, mon appartenance, mon lien d’attachement. Je rentre chez moi. Et chez moi, c’est la mer.

Par-dessus tout, ce qui me rend heureuse, c’est que je sais que mon grand-père me guette. Quand le vent soulève mes voiles, ça sent le poisson.

La révision du Guide Alimentaire Canadien, qu’en pensons-nous?

 Au début du mois de mars, le rapport du comité sénatorial permanent des Affaires sociales mentionnait l’importance de réviser rapidement le Guide Alimentaire Canadien (GAC). Selon ce comité, la dernière édition du GAC datant de 2007 serait « dépassée » en raison des changements sociaux-économiques, comprenant l’augmentation du nombre de personnes souffrant d’obésité. Les auteurs du rapport recommandent de s’inspirer du nouveau guide alimentaire du Brésil. Qu’est-ce que les nutritionnistes de la Maison l’Éclaircie en pensent?

Selon nous, le GAC, sans être désuet, pourrait subir quelques modifications pour mieux remplir son rôle qui est de promouvoir une alimentation saine chez les Canadiens et les Canadiennes. Tout d’abord, il est important de comprendre que le GAC s’adresse à la population générale et non à des individus spécifiques. Il peut donc difficilement être adapté parfaitement à chacun des 35 millions de Canadiens. Il faut continuer de le voir comme un guide pour orienter nos choix et non des règles à suivre à la lettre.

Comment le GAC pourrait-il être amélioré? Actuellement, le GAC est principalement axé sur le besoin physique de l’alimentation, qui est de consommer suffisamment d’énergie, de vitamines et de minéraux. Toutefois, les 2 autres besoins reliés à l’alimentation, soit le besoin psychologique (plaisir de manger) et le besoin social, sont peu ou pas présents. De plus, il peut être difficile et stressant de compter et calculer un nombre de portions, d’autant plus que cela ne correspond pas nécessairement aux besoins physiques d’un individu en particulier. Le futur GAC pourrait s’inspirer de celui du Brésil qui met l’accent sur les 3 besoins et n’indique pas de nombre de portions à consommer.

En effet, le nouveau guide du Brésil  met l’accent sur le « comment manger? » et non le « quoi manger? ». Il n’y a donc pas seulement la valeur nutritive des aliments qui importe mais bien la relation avec l’alimentation. Le guide contient des recommandations générales pour atteindre une saine alimentation. Cela le rend moins complexe et beaucoup plus accessible à tous. L’importance de prendre le temps de manger et de savourer les aliments est bien présentée. Par exemple, parmi les recommandations, nous trouvons les suivantes :

  • Manger en bonne compagnie si possible;
  • Manger à des heures régulières et ne pas faire autre chose (livre, ordinateur…) en mangeant;
  • Manger dans un endroit agréable;
  • Prendre plaisir à développer, exercer et partager vos habiletés à la préparation des repas et à cuisiner.

D’autre part, dans le GAC actuel, certains aliments ne se trouvent dans aucun des 4 groupes alimentaires. Pourtant, tous les aliments peuvent faire partie d’une saine alimentation, car chacun d’eux combleront au moins  l’un des 3 besoins. Ceci est bien expliqué dans le document de la Vision de la saine alimentation du gouvernement :

L’alimentation doit être évaluée dans son ensemble, et non en fonction d’un seul aliment ou d’un seul repas. Ainsi, l’appellation aliments santé, qui se trouve abondamment dans l’environnement, véhicule une notion fausse et non fondée scientifiquement, à savoir qu’un aliment seul peut contribuer grandement à la santé ou, en revanche, poser un grand risque pour la santé. Il faut garder en tête la notion plus large de l’alimentation. Une alimentation saine peut donc comprendre une grande variété d’aliments qui se situeront, sur un continuum, de peu ou pas nutritifs (valeur nutritive faible) à très nutritifs (valeur nutritive élevée).

Simone Lemieux, nutritionniste et chercheuse à l’Université Laval dans le domaine de l’obésité et des comportements alimentaires, s’est prononcée sur le sujet. Elle soutient qu’il serait important d’inclure des spécialistes du marketing social dans le comité de révision afin que ceux-ci puissent vendre des messages simples et positifs, comme celui de manger en famille ou de cuisiner, ce qui est beaucoup plus important que le nombre de portions ou le nombre de grammes par portion.

Bref, nous espérons que le prochain guide alimentaire véhiculera des messages positifs et simples incluant tous les besoins de l’alimentation. Pour votre alimentation, retenez les mots suivants : variété, plaisir, souplesse.

 Les nutritionnistes de la Maison l’Éclaircie

Camp « 100 % look » : la mode, un jeu d’enfant?

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Photo : le Devoir

Hier soir, c’était un peu la grogne à la Maison l’Éclaircie. Entre la grogne et les hauts cris, quand on a appris l’existence d’une publicité pour un camp de jour « 100 % look » et, apparemment, 100 % filles, offert aux enfants de 8 à 11 ans et de 12 à 15 ans dans la région de Québec.

On a grogné, parce qu’à la Maison l’Éclaircie, on n’aime pas trop les initiatives qui tendent à cantonner les femmes à leur apparence physique, encore moins quand elles sont très jeunes. On a poussé les hauts-cris (en tout cas, quelques-uns), parce qu’on a été étonné de voir ce genre de publicités tomber dans nos boites aux lettres en 2016.

Comme on n’a pas été les seul.e.s à râler, la publicité a rapidement été dénoncée et supprimée de certaines plateformes, non sans raisons à mon avis.

Hypersexualisation : stigmatiser les filles dès le berceau?

La question a déjà été évoquée sur Hors Ligne : je ne crois pas que le maquillage soit problématique tant qu’il reste un choix et non l’expression contrainte et forcée d’une injonction sociale. Même raisonnement pour tout ce qui a trait au « look », comme les vêtements ou la coiffure. Or, à huit ans, je ne suis pas certaine qu’une enfant soit capable de faire la part des choses de manière totalement éclairée entre ce qui relève de sa volonté ou de la pression sociale. Mais passons.

« Tu feras tourner les têtes? », dit la publicité… À huit ans, vraiment? De mon point de vue, laisser une fille penser qu’on plait seulement grâce à son apparence est déjà discutable, en soi. Mais inciter des enfants à croire que faire tourner les têtes devrait être leur objectif me semble carrément malsain! Sans parler du fait que, cela va sans dire, le camp de jour en question est réservé aux filles…

Restriction des femmes à leur apparence, hypersexualisation des fillettes, tout y est… même le modèle unique de beauté.

Renforcement du modèle unique de beauté

Avec la collaboration d’une agence de mannequin, le camp de jour prévoit notamment apprendre aux participantes à utiliser Photoshop, à améliorer leur démarche et leur maintien ou encore à découvrir ce qui est « in » et ce qui est « out ». « In » ou « out », une bien belle expression (binaire) qui nous apprend que certains « looks » sont acceptables tandis que d’autres conduiront celles qui les portent à l’anéantissement social. Ah, bon. En gros, il y a un code précis à respecter, une ligne à ne pas franchir entre le « bon » et le « mauvais » vêtement, un modèle unique auquel obéir. Je trouve ça un peu effrayant, ou culpabilisant, je ne sais plus trop.

On pourrait aussi s’arrêter sur l’idée d’ « améliorer » sa démarche ou son maintien, qui nous indique subtilement qu’il y a une meilleure manière de marcher et de se tenir que d’autres, mais je ne m’étendrai pas.

Quant à Photoshop, on m’a fait remarquer que le logiciel ami d’une grande partie de la presse féminine (entre autres) n’était pas forcément le diable s’il servait par exemple à ajuster la luminosité ou autres éléments d’ambiance. Certes, mais son usage peut être plus contestable lorsqu’il sert à retoucher l’apparence pour la rendre conforme au modèle unique de beauté. Et c’est en cela qu’il est à mon avis risqué d’en apprendre l’utilisation à des enfants.

Avoir du style ou laisser place à la diversité?

« Donne du style à ta personnalité », nous dit-on dans l’annonce. D’où ma question : ma personnalité a-t-elle vraiment besoin d’avoir « du style »? De répondre à un système esthétique en particulier, codé par d’autres?

Je ne suis pas sûre. Ma personnalité a besoin de pouvoir s’exprimer à sa manière, selon un style, son style, celui qui lui est propre. Ma personnalité a besoin de pouvoir s’habiller comme elle le souhaite et, si possible, différemment. Ma personnalité a besoin de pouvoir avoir l’air de ce qu’elle est, au fil de son cheminement et de ses évolutions.

Et comme l’a fait remarquer Myriame Trudel, directrice générale de la Maison l’Éclaircie, « À huit ans, on devrait plutôt être dans la rue en train de jouer ou de voir ses ami(e)s et non chercher à se comparer et être toujours des supers filles ».

Les troubles alimentaires et les enfants : cachotterie ou transparence?

 

Nous vivons dans une société ou la perfection physique est omniprésente. Déjà, à 9 ou 10 ans, plusieurs jeunes filles comparent la grosseur de leurs cuisses ou l’ensemble de leur corps à ceux des autres. Vers 13 ou 14 ans, alors que le corps se prépare à devenir une femme et que la nécessité de manger est primordiale… voilà que la privation de certains aliments fait surface. Et pourquoi? Pour l’apparence physique? Pour plaire au standard que la société nous impose de plus en plus?

J’ai 40 ans et j’adore bouger… la course, la marche, le hicking sont des sports qui me passionnent. Depuis plusieurs années, ma passion du sport est devenue, sans que je ne m’en rende vraiment compte, une obsession. Avant, le sport faisait partie de ma vie. Maintenant, ma vie dépend du sport… et j’en souffre énormément.

J’ai deux merveilleuses filles qui, un jour, auront à affronter cette société de perfection, qui d’ailleurs fait partie de leur vie depuis plusieurs années : en me regardant me contrôler face à la nourriture et en percevant mon manque d’estime. Est-ce qu’elles enregistrent dans leur petite tête mes comportements? Sûrement… Je leur montre difficilement la bonne marche à suivre en ce qui a trait aux saines habitudes alimentaires et au regard que l’on porte envers soi‑même.

Au début de mon cheminement vers la guérison, je me suis demandé : quelle est la limite à ne pas franchir dans l’explication à mes filles? Dois-je leur parler ouvertement de ma réalité et du combat qui me hante à chaque instant depuis plusieurs années? Est-ce que de leur dire la vérité est la bonne décision? Me jugeront-elles? Vais-je les décevoir? Je me posais des millions de questions alors que la réponse était si simple… la transparence.

J’ai donc décidé de suivre cette voie et d’en parler ouvertement avec elles parce que ce que je faisais en taisant mon trouble alimentaire, c’était poursuivre ce pour quoi je me bas, les tabous; face à ce trouble qui emprisonne des hommes et des femmes qui souffrent en silence.

J’ai réalisé avec le temps, que ma décision était la meilleure. Elles m’aident à redécouvrir la nourriture avec simplicité. Ce qu’il y a de merveilleux avec les enfants, c’est qu’avec leur innocence elles m’amènent à écouter sainement les signaux que mon corps envoie afin de mieux m’alimenter. Elles m’aident aussi à retrouver les petits plaisirs et les instants de bonheurs perdus au fil du temps, dans cette prison qui m’a gardé en captivité depuis trop longtemps. Un enfant sourit sans se poser de question. Il mange parce qu’il a faim. En fait, un enfant écoute uniquement les signaux que lui envoie son corps. Ne serait-ce pas là, la clé de la guérison…

Avant ma thérapie et avant d’en parler ouvertement, je croyais que j’avais perdu cette clé… Aujourd’hui, c’est en regardant vers le futur et en continuant à me battre pour moi mais aussi pour mes filles que je découvre que la liberté est tellement mieux que cette prison dans laquelle je m’étais enfermée seule et malheureuse. Tranquillement, je me réapproprie cette clé que j’avais perdue et j’essaie d’ouvrir le cadenas un peu rouillé mais d’une beauté sans mot…, grâce à mes deux merveilleux trésors… mes enfants!

Pour vous deux… je continuerai de me battre sans jamais baisser les bras!!!

Molly

La fois où je me suis demandé, mais à quoi ça me sert?

La fois où je me suis demandé
Photo: Cassandra

Nous sommes de cette génération où l’une des premières choses que l’on fait c’est : regarder les médias sociaux. Nous le faisons en nous levant le matin, avant d’aller travailler, durant les pauses à école ou au travail, ou pire, pendant les cours ou les heures de travail, en conduisant (fortement non recommandé et à ne pas essayer) et lorsqu’on en attend après quelqu’un ou après quelque chose. Bref, presque tout le temps. Ici je parle non pas seulement de Facebook, mais de Twitter, Instagram, Pinterest, Snapchat, etc. Jusque-là, je n’ai rien contre les réseaux sociaux. Grâce à eux, je prends des nouvelles des autres, je récolte de nouvelles idées, je me tiens informée de l’actualité parce que je ne prends pas le temps d’écouter les nouvelles en sirotant mon café (probablement quelque chose que je devrais intégrer à ma routine). Vous vous demandez probablement où je me dirige avec cela…. Un jour on m’a dit : « Si tu n’es pas capable de gérer tes émotions en regardant ça [les médias sociaux], ben arrête ».

J’ai tout de suite pensé dans ma tête : «J’ai le droit de vivre des émotions et de m’exprimer sur le sujet, je fais ce que je veux. Si tu n’es pas content, alors change de pièce ». Toutefois, à bien y réfléchir, cette personne n’avait pas tout à fait tort, mais peut-être qu’utiliser des mots plus appropriés aurait été pertinent. Et si les réseaux sociaux nous faisaient aussi vivre des émotions difficiles ? Et je me suis demandé, « mais à quoi ça me sert ? ».

Ici, à cet instant précis, ma tête a fait des milliers de connexions que j’appelle des liens. Des liens entre ce que je vis, ce que j’entends, ce que je vois, ce que les autres vivent au quotidien, le tout bien sûr teinté de ce que je vois en tant qu’intervenante. J’ai compris que certaines personnes ont plus tendance à se comparer aux autres. J’ai aussi constaté que se comparer aux autres, sur les réseaux sociaux ou ailleurs, amène son lot de perceptions et ces perceptions sont la plupart du temps non-fondées : « Il ou elle est meilleur/meilleure que moi’ », « Il ou elle est plus en forme que moi » et « Il ou elle est plus beaux/belle que moi ». Certaines personnes en viennent à développer des complexes, ce qui affecte directement leur estime personnelle. Prenez le temps de penser à quel point c’est destructeur de croire que les autres sont toujours mieux que vous. Pour certaines personnes, être bombardé de clichés, sur les réseaux sociaux ou ailleurs, c’est tout aussi dévalorisant que de se faire dire des méchancetés.

Notre pouvoir ?

  • Quel est l’impact de ces images sur moi :
  1. Avant d’ouvrir n’importe quel réseau social, demandez-vous intérieurement comment vous vous sentez?
  2. Après avoir passé du temps sur les réseaux sociaux, demandez-vous intérieurement comment vous vous sentez?
  3. Si votre humeur change ou si votre perception change, il y a ici un indicateur bien précis. Si ces états perdurent, il faudrait peut-être songer à vous désabonner de ce type d’information sans nécessairement vous désabonner de TOUS les réseaux sociaux.
  • Développez votre esprit critique :
  1. Pour quelles raisons consulterais-je ces images?
  2. Quels besoins vais-je combler en regardant ces images?
  3. Quel est l’intention ou le but de celui ou celle qui publie ces images?
  4. Est-ce que j’ai envie d’encourager ces mouvements?
  5. La relation que j’entretiens avec ces mouvements est-elle saine ou malsaine?
  • Prendre position par rapport à ce qui vous est présenté :
  1. Que vivez-vous par rapport à ce que vous voyez?
  2. Écrire publiquement ce qu’on pense et ce, même si on va complètement à l’ opposé du ¾ des messages déjà publiés?
  3. Amener les autres à voir les choses d’un autre angle sans vouloir à tout prix qu’ils changent d’idée. C’est à la fois un défi pour soi de s’affirmer, mais c’est aussi un défi d’accepter que tout le monde puisse ne pas penser comme vous.

Il est important de comprendre que ce n’est pas tout le monde qui vit des émotions négatives en consultant les réseaux sociaux. Nous sommes responsables de l’usage que l’on en fait et nous sommes aussi responsables de l’importance qu’on y accorde dans notre quotidien. Et si on se consacrerait plutôt à autres choses…

Et si ..?

Et si on prenait le temps de se dire ce qu’on apprécie de soi au lieu de regarder ce que les autres ont que nous n’avons pas?

Et si on prenait le temps de regarder et d’apprécier ce qui nous entoure?

Et si on arrêtait d’être convaincus que les autres ne nous trouvent pas assez ci ou assez cela?

Et si on cessait de se juger et de juger les autres?

Et si seulement on prenait soin de nous et de notre santé?

Comme dans toute chose, les réseaux sociaux ont à la fois de beaux avantages, mais aussi de malheureux inconvénients. Toutefois, l’individu possède toujours un pouvoir d’agir. Le pouvoir… à mon sens, il faut se l’approprier puisqu’il ne cognera pas à notre porte pour venir nous aider. C’est à nous de faire de notre quotidien un monde meilleur et il commence dès maintenant; je vous invite à faire le ménage, mais si vous n’êtes pas prêts à poser cette action pour le moment, vous pouvez peser les pours et les contres… Qui sait… Peut-être que si on passe moins de temps à se comparer et à se dévaloriser, on en prendra plus pour apprécier qui nous sommes?

Cassandra