Les fantômes du temps des fêtes – comment leur faire face

Que tu célèbres Noël, Hanukkah ou rien du tout, décembre est un mois où il est commun de se retrouver en famille avant l’arrivée d’une nouvelle année. Suite à une pandémie bouleversante et des moments sociaux assez restreints, il est presque effrayant de se lancer dans un souper de famille (de 10 personnes maximum) autour d’une table partagée. Cela l’est d’autant plus lorsqu’on vit avec un trouble alimentaire.

Plusieurs fantômes aiment venir nous hanter durant cette période festive. Tu n’es pas seul dans tout cela, il s’agit d’un sentiment commun malgré les films de Noël quétaines qui tentent de te faire croire que ce n’est que du positif. Nous te présentons donc certaines mises en situation suivies d’astuces afin de mieux tolérer le tout. En espérant que cela puisse t’aider à te préparer aux prochains jours.

Mise en situation #1 : peu de distanciation = beaucoup de frictions

Tu es enfin heureux de voir tes proches à nouveau après ces années d’isolement social. Tu te rends au souper de famille avec une belle énergie et plein de bonnes attentes. La soirée commence et tu apprécies de revoir tout le monde, la décoration, les bonnes odeurs de cuisson… Plus la soirée avance, plus tu te sens irrité et pris au piège. Tu te sens surstimulé et presque claustrophobe avec tout ce mouvement, les lumières, le bruit.

Astuce #1 : Cette situation risque de se produire pour plusieurs dans différents contextes, autant familiaux que publiques. La pandémie a eu de fâcheux impacts sur nos habitudes de vie, nous obligeant à les modifier à plus d’une reprise. Aujourd’hui, des habitudes apprises durant les derniers mois laissent difficilement place à d’autres. Il n’y a malheureusement pas de solution miracle : nous devons être patients et nous laisser le temps de reprendre le cours de notre vie régulière.

Au moment où les émotions montent et l’inconfort persiste, tu peux :

  • Prendre quelques minutes dans une pièce vide de stimuli afin de te recharger. Prends le temps de bien respirer, frapper un coussin, t’asseoir : tout ce qui pourra tranquilliser ton mental;
  • Te reculer dans un coin plus isolé physiquement où tu pourras tout de même t’inclure aux autres;
  • Respirer. Assure-toi de prendre de longues respirations pour calmer la tension physique. Étire-toi les bras, les épaules, le cou si cela aide;
  • Établis tes limites. Mentionne aux autres ton inconfort et tes préférences en distanciation tout simplement;
  • Joins-toi à un groupe de discussion plus petit;
  • Aller prendre l’air quelques minutes.

Mise en situation #2 : Tante Mylène te parle de sa nouvelle diète

Tu manges à la table et suis le fil de discussion de tes cousins et cousines lorsque Mylène, ta tante préférée, vient s’asseoir à ta gauche avec son assiette. Elle te mentionne qu’elle prendra probablement 20lbs ce soir avec tout ce qu’elle mange et qu’elle est bien heureuse d’avoir découvert le régime «kéto». Elle commence à t’expliquer le principe de celui-ci et tu sens la culpabilité monter.

Astuce #2 : Tu n’es jamais obligé d’écouter qui que ce soit te parler d’un sujet qui te blesse ou te rend inconfortable, même si leur en faire part peut les rendre eux-mêmes inconfortable. Il est important d’établir ses limites afin de passer un bon moment. Tu peux mentionner à la personne ton inconfort de plusieurs manières. En voici un exemple : «Je suis désolé de t’interrompre, mais je t’arrête. C’est un sujet qui amène des émotions négatives chez moi. J’aimerais mieux que l’on parle d’un autre sujet.» Tu peux toi-même apporter une nouvelle avenue de discussion ensuite.

  • Tu peux également ajouter que tu ne souhaites pas t’expliquer par rapport à ton inconfort si tu ne te sens pas prêt à entamer la discussion sur la culpabilité ou le trouble alimentaire;
  • Au contraire, tu peux expliquer à la personne comment cela t’affecte négativement si tu le sens confortable.

L’important est de t’écouter dans tes besoins.

Mise en situation #3 : Grand-mère Guylaine remarque que tu manges peu et s’inquiète

Tu t’assoies à la table avec une portion qui te rend confortable et tu t’apprêtes à manger ta première bouchée, alors que Grand-mère Guylaine commente que tu manges très peu. Elle ajoute que tu es trop petite et que tu dois prendre du poids. Tu te sens extrêmement inconfortable et ne sait pas comment t’enfuir de tout cela.

Astuce #3 : Si tu vis un trouble alimentaire, ce genre de situation peut être intensément désagréable. Comme dans la mise en situation précédente, tu peux choisir d’expliquer ton inconfort ou pas. La décision te revient. La même astuce s’applique alors dans le présent cas. Cependant, si tu te retrouves en processus de rétablissement et reçoit de tels commentaires :

  • Questionne-toi à savoir si tu manges à ta faim cette soirée-là;
  • Profite du fait que tu es bien entouré si c’est le cas, et expose-toi par un petit geste (ex. une plus grande portion que normalement, une bouchée supplémentaire, etc.);
  • Prends le temps de restructurer tes pensées et de vivre le moment présent. Concentre-toi sur ce que tu vis : le goût, la musique, le décor, la discussion, etc.;
  • Explique à la personne que tu comprends l’inquiétude, mais préfères qu’on ne commente pas ton poids, car cela te mets mal à l’aise. Vous pourrez en reparler à un autre moment si la personne le souhaite.

Mise en situation #4 : La culpabilité se présente sans avoir reçu d’invitation

Entouré de plein de plats préparés avec amour, de breuvages sucrés et de petites bouchées, tu ressens de la culpabilité. Ton envie tente de te rationaliser et de te convaincre que ce n’est qu’une soirée, un moment à célébrer, la normalité. Par contre, elle n’est pas seule. Ta culpabilité te dit que tu ne le mérites pas, que tu prendras du poids. Avec ce conflit occupant tes pensées, tu te retrouves à ne pas participer à la conversation et à t’isoler même si tu avais hâte de revoir toute ta famille.

Astuce #4 : Il s’agit d’une situation difficile à vivre, car cela influence ton bien-être physique, psychologique et également social. Il est alors important d’agir afin de rendre les pensées plus douces.

  • Rationalise selon des faits observables et concrets :
    • Une seule soirée ne te fera pas prendre de poids à long terme;
    • Il est normal de manger plus durant la période des fêtes, tout le monde le fait et il s’agit de plats spéciaux dont on désire profiter;
    • Ton corps s’ajuste à la nourriture reçue, comme tout le monde. Si ton ventre gonfle, c’est normal et primordial pour s’ajuster et bien digérer. Il reviendra à son état régulier avec la digestion et le temps;
    • Si tu ressens un inconfort physique, questionne-toi sur ta satiété et prend une pause. Tu possèdes la capacité de tolérer ce symptôme d’avoir manger au-delà de sa faim même si cela est désagréable.
  • Expose-toi à des aliments similaires à ceux attendus au souper durant les jours précédents. L’habitude pourra éventuellement réduire l’anxiété. Rappelle-toi que la restriction alimentaire mène à l’excès;
  • Parles-en à un proche de confiance ou à un ami par téléphone.

La meilleure astuce qu’on puisse t’offrir est de t’écouter. Toi-même connait mieux que quiconque ce qui est sain pour toi et ta santé mentale. Prends le temps de profiter du moment présent, on ne le fait jamais assez.

Élisabeth Nolan, intervenante sociale

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