C’est le temps d’une dinde… et de changer notre discours sur les aliments et le poids

Les doux flocons qui tombent dans la nuit, les lumières colorées qui décorent nos maisons et l’odeur chaleureuse du feu de foyer qui crépite, voilà la magie de Noël. Pourtant, le temps des fêtes peut être une période difficile quand on entretient une relation difficile avec les aliments et notre corps. Alors, c’est le rôle de tous et chacun de créer un climat respectueux.

Quand la culture des diètes s’invite aux fêtes

La vérité, c’est que nous vivons dans une culture des diètes. On parle de poids, de gras et de calories comme on jase du beau temps. Et les impacts de ces paroles ne sont pas sans conséquence. On propage des mythes, des fausses croyances et des préjugés. Nos commentaires sur l’apparence, le poids ou les diètes contribuent à enraciner encore plus l’idée que la perte de poids et les régimes sont normaux et souhaitables.

Un commentaire… de trop

Plus encore, nous négligeons l’impact d’un seul commentaire. 4 secondes suffisent pour gâcher la soirée de quelqu’un. Une parole qui nous semble banale peut trotter en boucle dans la tête de quelqu’un durant des heures, si ce n’est des jours et des semaines. Alors, il devient impératif de prendre conscience de notre propre discours envers le poids et les aliments. C’est souvent sournois, inconscient, empreint de bonnes intentions ou bien sur un ton humoristique… Pourtant, ça fait des ravages lors des soupers de Noël.

Voici quelques astuces pour créer une ambiance respectueuse et exempte de la culture des diètes durant les fêtes :

 

  1. Commenter le poids, je ne ferai point

Les partys de famille semblent être le lieu par excellence pour commenter l’apparence de nos proches. Pourtant, on ne connaît pas la relation que chaque personne entretient avec son corps. Un commentaire non sollicité peut rapidement affecter négativement l’estime personnelle. Sans compter qu’on ne connaît pas ce que vit la personne devant nous. Trouble alimentaire, dépression, maladie, prise de médication… Féliciter une personne en dépression, réprimander quelqu’un sous médication, renforcer un trouble alimentaire… est-ce vraiment nécessaire?

  1. Dichotomiser les aliments, j’éviterai

Dichotomiser les aliments, c’est classer les aliments comme étant bons ou mauvais. Et quand on commente à quel point X aliment est mauvais, cela crée automatiquement une culpabilité de le consommer. Personne ne mérite de se sentir coupable le jour de Noël (ni jamais d’ailleurs). Catégoriser les aliments affecte négativement notre relation à la nourriture. Cela peut nous entrainer dans de la restriction alimentaire, qui nuit beaucoup plus à notre santé physique, mentale et sociale qu’un morceau de bûche de grand-maman.

  1. Nommer des régimes, j’oublierai

Lors des célébrations de fêtes, entourés de nos êtres chers, est-ce vraiment le moment de nommer notre nouveau régime? Ou de parler de celui qu’on essaiera le 1er janvier? A-t-on vraiment besoin d’encourager toute la tablée à se restreindre, sachant que 86 à 94% des gens qui font une diète reprennent le poids perdu dans les 2 années suivantes et que les régimes ont un impact négatif sur notre santé psychologique et physique? Nos proches méritent mieux.

  1. Parler de compenser, j’épargnerai

« Après tout ce que j’ai mangé, je vais devoir aller brûler ces calories au gym. » Ici, on transmet l’idée qu’il faut compenser volontairement quand on mange davantage. Pourtant, le corps est d’une intelligence et il s’ajuste naturellement, il suffit de lui faire confiance. Nos signaux de faim se verront plus faibles dans les jours et semaines suivantes. Des commentaires de ce genre ne font que perpétuer la culture du régime et le mythe que nous pouvons contrôler notre poids comme bon nous semble.

  1. Savourer le moment, je favoriserai

À la place, pourquoi ne pas nommer à quel point la tourtière de Martine est délicieuse? Elle en sera enchantée et cela incitera tout le monde à déguster, plutôt qu’à compter leurs calories. Savourer Noël, c’est aussi profiter du moment avec nos proches. Avoir des discussions sur ce qui les allument, leurs projets, leurs rêves et leurs réussites. Et bien sûr, c’est aussi leur nommer à quel point on les aime. Ça, ça fait du bien à entendre!

 

Joyeuses fêtes!

Mélanie Pronovost, nutritionniste

Références :

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