Sortir du cadre

À quelque part, on redoute tous quelque chose qui nous empêche de vivre en totale liberté.  On vit tous avec la peur. Une peur qui nous restreint et qui prime notre sentiment de confiance. Une peur qui frein nos rêves et qui limite notre propre bonheur. Moi ma peur, quand j’étais enfant, c’était de ne pas être à la hauteur. À la hauteur des attentes. Celles des autres et de la société en générale. Aujourd’hui, il repose tant de pression sur les jeunes et la lourdeur des exigences qui pèse sur nos épaules peut parfois être trop à supporter, de sorte que grandir en société peut devenir beaucoup plus contraignant que simplement suivre le cours de sa vie et apprendre à travers ses expériences. Aujourd’hui, notre jugement est biaisé par toutes les opinions préconçues et idées véhiculées par notre génération et cela fait en sorte que l’on recherche tous la conformité.  On cherche à se conformer afin d’éviter d’être jugé. D’autant plus que en tant qu’humain, il est si facile de tomber dans le jugement et la comparaison et que de façon inconsciente, nous sommes toujours un peu plus dur avec nous-mêmes. Et dans certains cas, on devient notre propre ennemie. Moi, enfant, j’accordais déjà une trop grande importance au regard de l’autre et me comparais continuellement. Puis, avec le recul j’ai réalisé que cette importance que j’accordais à l’autre m’a amené à créer une dépendance. Parce que la satisfaction que l’on retire lorsqu’on est reconnue par l’autre apaise et la gratitude que l’on gagne en étant valorisé, soulage. Mais ce sentiment de satisfaction devient un besoin. Un besoin qui est comblé par la reconnaissance et la valorisation. Adolescent, tu n’as absolument aucun contrôle sur l’opinion des autres à ton égard, par contre tu as totalement le contrôle sur ce que tu laisses transparaitre de ta personne et l’image que tu projettes. Et c’est lorsque j’en ai pris conscience que cette peur de ne pas être à la hauteur a pris une tout autre dimension dans mon existence. Alors que l’idée de déplaire et d’être prise en défaut me terrifiait, je me suis assuré d’avoir une discipline et un contrôle exemplaire sur les habitudes de vie que j’adopterais. Je me suis assuré d’être quelqu’un qui, à cette période de ma vie, j’estimais comme irréprochable.  Ce qui faut comprendre par contre, c’est que mon idéal ne reflétait pas totalement la réalité et que ma perspective, de ce qu’était l’accomplissement personnel, n’était pas représentative du véritable succès. À 16 ans, ma peur c’était plus de ne pas être assez… mais d’être trop… trop en termes de chiffre sur une balance.  À 16 ans, je croyais au plus profond de moi qu’on me reconnaissait que pour mon apparence physique et je me valorisais par la perte de poids. Je croyais qu’on aurait une meilleure opinion de moi, si seulement j’arrivais à avoir entièrement le contrôle de mon alimentation. À 16 ans, ce qui occupait mon esprit était ce j’allais avaler et si ce que je dépenserais en calories arrivait à compenser. Pourtant, à cet âge, j’aurais dû être préoccupé LA robe et L’accompagnateur, pas le nombre de calories et de kilomètre parcouru. À travers ces années, j’en ai oublié le plaisir de profiter des petits moments de la vie, de se laisser aller. Et de ce qui était d’être réellement en libre. Lorsqu’on vit un trouble alimentaire, on est privé de gouter à certains plaisirs qu’on retrouve dans la spontanéité, le lâcher-prise, la perte de contrôle. On est pris dans nos pensées, déconnecté du monde extérieur. À 17 ans, je suis tombé un peu plus bas et c’est à ce moment que j’ai compris. Du moment où on laisse nos craintes, nos incertitudes nous faire douter de nous-mêmes, on vient qu’à se perdre. Moi, à travers ma peur, je me suis perdu et je l’ai laissée prendre le dessus. J’ai cru que j’avais le contrôle alors qu’en réalité c’est elle qui l’avait sur moi, la maladie. Le plus ironique, est que plusieurs encore perçoivent ceux qui en sont atteints comme des gens qui se victimisent et qui sont les seuls responsables de leur malheur.  Alors que personne ne pense au fait que nous pouvions en être victimes et qu’au finale, face à ce trouble nous restons impuissants. Bref, c’est incroyable jusqu’où nos craintes peuvent nous amener. Avec le temps, je suis parvenue à maitriser la peur qui m’habitait afin qu’elle ne puisse plus m’envahir et prendre sur moi, même si ça demeure toujours un combat. Mais aujourd’hui, ce que désire livrer comme message, c’est qu’on a tous la force à l’intérieure de vaincre ce qu’on redoute le plus, et de s’abandonner à la vie, parce que bien souvent c’est ce qui nous empêche de nous épanouir et de refléter la meilleure version de nous-mêmes. Faut cesser de s’arrêter aux jugements de la société, à l’opinion des autres et de se conformer à leurs exigences. Faut cesser de s’éloigner de nous-mêmes dans le but d’atteindre ce pseudo idéal qui est prôné par notre génération. Faut cesser d’avoir peur… peur d’être soi-même. Aujourd’hui même, j’ai vaincu l’une de mes peurs, celles de déplaire en abordant un sujet tabou dans notre société. De déplaire, en exposant une partie de mon passé, et de qui j’étais en réalité, malgré toutes les idées préconçues et les jugements qui pèsent envers les personnes victimes de cette maladie. Et j’en suis fière, donc soyez-le aussi. Allez au-delà de ce qui vous retient.

– anonyme

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