Lettre à ton unicité exceptionnelle

Je vais commencer en normalisant ce que tu vis présentement. En te disant que c’est correct d’avoir peur, que tu peux te permettre de pleurer et de remettre en question l’univers au grand complet et probablement le tien en premier. Je vais te dire aussi que c’est correct de te sentir seul ou, au contraire, trop entouré, parce que ta famille est à tes côtés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Ça se peut que tu sois confortable avec l’obligation de devoir déroger de ta routine et que tu y trouves des avantages et du plaisir. J’envisage même que tu fasses partie des travailleuses et travailleurs essentiels, en ces temps de crise, et que tu craignes le pire ou que tu te sentes privilégié d’être au front et de quitter la maison.

Ce qui se passe actuellement au Québec et dans le monde entier, c’est exceptionnel, dans tous les sens du terme, et ce qui est exceptionnel a le mérite d’être vécu de façon exceptionnelle, c’est-à-dire d’être reconnu, considéré et respecté. Pour certains, l’isolement qu’engendre la pandémie est hors du commun et est l’occasion inattendue de ralentir et de profiter pleinement du quotidien. Pour d’autres, c’est un moment atypique et anormal, qui engendre la perte de plusieurs repères et une anxiété importante. Quoi qu’il en soit, c’est correct de le vivre à ta façon et c’est le bon moment pour prendre conscience de ton unicité et de la liberté que tu possèdes toujours pour agir dans un contexte qui faire réagir.

Récemment, j’ai discuté avec une connaissance qui vit un trouble du comportement alimentaire. Elle m’a confié vivre difficilement le confinement occasionné par la Covid-19 : « Quand je suis isolée, c’est sûr que je suis davantage dans mes pensées et, donc, les obsessions. », me disait-elle. D’autant plus que cela arrive au même moment où elle essayait d’avoir plus de contacts sociaux. J’ai aussi discuté avec une personne âgée qui m’a avoué s’ennuyer et trouver le temps très long, d’un ton démoralisé, tandis qu’une mère de famille, sur une note joyeuse, m’admettait profiter à 100% de cette période d’isolement pour prendre le temps de s’amuser avec ses enfants.

Sache qu’il y a autant de façons d’apprivoiser une situation qu’il y a d’êtres humains sur la planète. Ainsi, je te propose de prendre un papier et un crayon et de noter les émotions que tu ressens. Si je te demande : « comment vas-    tu ? », quelle sera ta réponse ? N’oublie pas que c’est correct de te sentir triste, frustré, vulnérable, désespéré ou peut-être même joyeux, accepte-le. Je t’encourage aussi à identifier des moments qui te font du bien, à les écrire et à revivre émotionnellement ces instants, pour nourrir sainement ton subconscient. Si pour toi le défi est grand, souviens-toi que tu peux contrôler tes pensées, tes comportements, tes actions et choisir la paire de lunettes arc-en-ciel, qui te fera percevoir autrement et positivement cette page de l’histoire que, tout comme moi, tu n’avais pas prévue (parce qu’on a pas de contrôle là-dessus).

Crois-moi, surtout crois-le, ça va bien aller !

Texte écrit par Sabrina Lachance, bénévole à la Maison L’Éclaircie.

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