Mes Madames

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J’savais pas trop qui j’étais. Ce que je valais. J’ignorais ce que je voulais. J’angoissais.

On m’a tendu la main. On a eu envie de m’aider. On a pensé que j’méritais d’être « sauvée ».

Ça te change, de savoir que quelqu’un, quelque part, se reconnaît un peu en toi et cherche à te montrer que tu as du potentiel. Ça te force à te regarder en face. Ça t’amène à confronter tes peurs. Ça te pousse à te surpasser.

C’est ça qu’elles font constamment pour moi, mes Madames.

À mes amies, je lâche souvent : « Mes Madames, elles savent même pas combien elles me font du bien », et elles, elles sourient en guise de réponse parce qu’elles trouvent que j’ai pris du mieux, que j’ai rangé un peu le fouet. Je leur fais savoir que j’ai pris confiance. Que je m’affirme. Que je m’écoute. Que je réfléchis. « On le sait, qu’elles me disent, pis ça te va franchement bien ». Mes amies aussi les aiment, mes Madames.

On dirait que je me suis trouvée une p’tite place dans le cœur des autres, pis ça me fait me sentir vivante. Légère. C’est agréable d’avoir envie d’se lever le matin. De pas trop anticiper le lendemain.

Les gens m’effraient moins. Avant, j’pensais que tout le monde était pas fin, jusqu’à preuve du contraire. J’me présentais devant la Cour, j’m’obstinais avec la défense, j’plaidais ma cause, pis j’attendais le jugement. C’était ben rare qu’il acquittait du monde, le juge.

‘Savez quoi? C’est fatiguant penser de même. Constamment croire qu’on te veut du mal. Que les intentions de tous sont condamnables. Ben, depuis que j’ai rencontré mes Madames, on dirait qu’le monde a l’air plus aimable.

On m’sourit, et j’ai moins tendance à croire que j’ai quelque chose de drôle au visage.

J’me découvre l’envie de converser, discuter, parler, bavarder, causer, jaser. L’envie de communiquer. J’veux plus jouer au sourd. Et ça m’tente pu d’être muette.

Mes Madames, elles m’écoutent, me conseillent, m’encouragent. Elles me disent qu’on s’en sort avec beaucoup d’efforts. Que c’est le travail d’une vie. Elles ont pas idée comment ça fait du bien d’être soutenue.

Comment ça réconforte la petite fille en dedans, longtemps rejetée et incomprise.

On a été jusqu’à me dire que j’suis agréable à côtoyer. C’est une chose que je devrai me rappeler, moi qui pense sans cesse déranger.

Mercredi, j’vais souper avec mes Madames. Pour elles, c’est un moment l’fun, propice à la discussion, où l’on prend des nouvelles de l’autre, on rigole, on s’apprécie; pour moi, c’est tout comme si c’était Noël : on me fait l’immense cadeau de m’inviter, l’instant d’un repas, dans leur petite famille.

On dirait bien que j’y ai ma place, sans trop avoir à me forcer.

Marie-Claude

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