La switch égoïste

(Le mot switch est un mot anglais que l’on peut traduire par «commutateur» ou «interrupteur» en français) – Wikipédia

Dimanche soir. Il est 20h et les enfants sont couchés, enfin ! Mon chum arrive dans le salon, frais douché et, sans même un regard autour de lui, il s’écrase littéralement dans le divan, l’ordinateur portable sur les genoux.

Il vient d’allumer sa switch égoïste.

Hummm, ça sonne drôlement péjoratif ce terme-là … pourtant, non !

Ce soir-là, fatigué de sa fin de semaine, mon chum a décidé que la journée était terminée pour lui ! Au diable les 3 livres que les enfants ont loué à la bibliothèque et qui traînent dans le divan, on les ramassera un autre jour. Tant pis pour la vaisselle qui n’est pas lavée sur le comptoir, elle attendra au lendemain. La nappe n’a pas été nettoyée ? Bof … ça peut faire quoi ça ? Rien du tout !

Mettre la switch égoïste à « on », c’est de SE mettre à « on ». C’est SE donner de l’importance, se concentrer, même pendant un court moment, que sur son soi-même.  Des moments de pur abandon sur soi-même, c’est bien rare que ça arrive servi sur un plateau d’argent. Il faut les créer ces instants-là.

microscenetabouret
Source photo: http://stage-theatre.com/wp-content/uploads/2014/05/microscenetabouret.jpg

Pour  ma part, à la même heure ce soir-là, ma switch égoïste n’était clairement pas à « on ». Pendant que mon chum se prélassait dans la douche chaude (brûlante), moi je m’affairais à la cuisine à préparer le lunch de ma fille pour le lendemain, à vérifier son matériel scolaire dans son sac d’école, à signer son agenda, à lire les 2 papiers laissés par le service de garde dans sa boîte à lunch, à vérifier la température qu’il annonçait pour le lendemain et bien d’autres choses « bien plus importantes que moi-même ». Pourtant, j’étais fatiguée de ma journée moi aussi et j’avais un gros mal de tête. Quand j’ai vu mon chum « sauter » dans le divan, la switch allumée à en faire mal aux yeux, sa petite personne au centre de la scène, les mégas projecteurs tous centrés sur lui, je vous avouerais lui avoir jeté un regard un peu (beaucoup) fâché.

Parce qu’il n’avait pas vu les 3 livres sur le divan, la vaisselle sur le comptoir, les graines de toast sur la nappe. Parce qu’il avait eu le « culot » de choisir d’ignorer ces détails et de se créer son moment pour prendre soin de lui. Après coup, je me demande si ma frustration ne venait pas plutôt du fait que moi, j’avais choisi de ne pas me choisir ???

Un moment vraiment très anodin que ce dimanche soir 20h, me direz-vous. Pourtant, des moments comme celui-ci, on peut en vivre combien dans une journée, selon vous ? Pour ma part je pense que je serais étourdie de les compter … Mais que se passe-t-il si chaque fois, ma switch est à « off », si les livres qui traînent et les graines de toast sur la nappe prennent le dessus sur mon mal de tête, sur ma fatigue, sur moi-même et mes besoins ?

Parce que prendre soin de soi, c’est aussi réaliser que parfois, on met beaucoup trop d’énergie dans ces petites choses qu’on pourrait facilement laisser de côté. Qu’on choisit trop souvent d’ignorer nos besoins afin de pouvoir réaliser une tâche quelconque qui nous apparaît désespérément nécessaire. Prendre soin de soi, c’est SE placer sur la scène, sous les projecteurs. Parce qu’on le vaut bien. Parce que si on ne prend pas soin de cette personne qui est nous-même, qui va le faire ?

Et vous, qu’en est-il de votre switch égoïste ?

Nathalie

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