Les troubles alimentaires et les enfants : cachotterie ou transparence?

 

Nous vivons dans une société ou la perfection physique est omniprésente. Déjà, à 9 ou 10 ans, plusieurs jeunes filles comparent la grosseur de leurs cuisses ou l’ensemble de leur corps à ceux des autres. Vers 13 ou 14 ans, alors que le corps se prépare à devenir une femme et que la nécessité de manger est primordiale… voilà que la privation de certains aliments fait surface. Et pourquoi? Pour l’apparence physique? Pour plaire au standard que la société nous impose de plus en plus?

J’ai 40 ans et j’adore bouger… la course, la marche, le hicking sont des sports qui me passionnent. Depuis plusieurs années, ma passion du sport est devenue, sans que je ne m’en rende vraiment compte, une obsession. Avant, le sport faisait partie de ma vie. Maintenant, ma vie dépend du sport… et j’en souffre énormément.

J’ai deux merveilleuses filles qui, un jour, auront à affronter cette société de perfection, qui d’ailleurs fait partie de leur vie depuis plusieurs années : en me regardant me contrôler face à la nourriture et en percevant mon manque d’estime. Est-ce qu’elles enregistrent dans leur petite tête mes comportements? Sûrement… Je leur montre difficilement la bonne marche à suivre en ce qui a trait aux saines habitudes alimentaires et au regard que l’on porte envers soi‑même.

Au début de mon cheminement vers la guérison, je me suis demandé : quelle est la limite à ne pas franchir dans l’explication à mes filles? Dois-je leur parler ouvertement de ma réalité et du combat qui me hante à chaque instant depuis plusieurs années? Est-ce que de leur dire la vérité est la bonne décision? Me jugeront-elles? Vais-je les décevoir? Je me posais des millions de questions alors que la réponse était si simple… la transparence.

J’ai donc décidé de suivre cette voie et d’en parler ouvertement avec elles parce que ce que je faisais en taisant mon trouble alimentaire, c’était poursuivre ce pour quoi je me bas, les tabous; face à ce trouble qui emprisonne des hommes et des femmes qui souffrent en silence.

J’ai réalisé avec le temps, que ma décision était la meilleure. Elles m’aident à redécouvrir la nourriture avec simplicité. Ce qu’il y a de merveilleux avec les enfants, c’est qu’avec leur innocence elles m’amènent à écouter sainement les signaux que mon corps envoie afin de mieux m’alimenter. Elles m’aident aussi à retrouver les petits plaisirs et les instants de bonheurs perdus au fil du temps, dans cette prison qui m’a gardé en captivité depuis trop longtemps. Un enfant sourit sans se poser de question. Il mange parce qu’il a faim. En fait, un enfant écoute uniquement les signaux que lui envoie son corps. Ne serait-ce pas là, la clé de la guérison…

Avant ma thérapie et avant d’en parler ouvertement, je croyais que j’avais perdu cette clé… Aujourd’hui, c’est en regardant vers le futur et en continuant à me battre pour moi mais aussi pour mes filles que je découvre que la liberté est tellement mieux que cette prison dans laquelle je m’étais enfermée seule et malheureuse. Tranquillement, je me réapproprie cette clé que j’avais perdue et j’essaie d’ouvrir le cadenas un peu rouillé mais d’une beauté sans mot…, grâce à mes deux merveilleux trésors… mes enfants!

Pour vous deux… je continuerai de me battre sans jamais baisser les bras!!!

Molly

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