La face cachée de l’Halloween : quand fêter rime avec se priver

Photo Mélanie Rembert
Photo Mélanie Rembert

Séduire ou faire peur?

À l’approche de l’Halloween, les allées des magasins sont remplies de bonbons et d’accessoires en tout genre. Citrouilles et masques pour les enfants, costumes d’infirmières, de policières, de diablesses (et j’en passe) pour les adultes; quel que soit le personnage choisi, une seule exigence : le costume féminin doit être sexy, même hypersexualisé. Je vous invite à googler « costumes Halloween femmes » pour avoir un bel aperçu du phénomène.

Mettons les choses au clair; il n’y a évidemment aucun mal à vouloir être attirante ou sexy. La nécessité de pouvoir choisir sa manière de s’habiller librement, sans jugement, mérite d’être soulignée quand on sait que les femmes sont encore trop souvent victimes de slut shaming en raison de leurs choix vestimentaires. « Salopes », « chaudasses », « putes »… On connaît tout.e.s ces insultes fréquemment utilisées pour qualifier les femmes portant des tenues jugées suggestives. Cette tendance à la culture du viol est d’ailleurs paradoxale quand la norme à atteindre est justement celle de l’hypersexualisation.
C’est presque une double punition : être incitée à entrer dans le moule de la sexualisation en raison d’une offre unique de costumes, et être victime de préjugés en retour.

Au secours!

Heureusement, Batman, Iron man et le pompier sexy sont de la fête pour venir sauver les jeunes femmes en détresse! D’accord… laissons l’ironie de côté! Si vous êtes un homme ou si vous cherchez un costume pour votre garçon, vous pourrez également constater que les stéréotypes abondent dans la section des costumes masculins. Parallèlement, de plus en plus de chercheurs s’intéressent à la relation que les hommes entretiennent avec leur image corporelle, et l’envie d’un corps musclé est fortement répandue. Le fait que le marketing d’une fête populaire suggère qu’un homme se doit d’être un super héros musclé afin d’être admiré de tous nous questionne donc. Ne s’agit-il pas d’un sujet qui porte à réflexion?

Comment en est-on arrivé à ce que l’encouragement à l’hypersexualisation ou à la virilité devienne un standard dans le cadre d’un évènement se voulant avant tout festif et destiné aux enfants ? Pourquoi le modèle unique de beauté et la pression sociale qui l’entoure se sont-ils transposés à une célébration récréative et familiale, sans nous laisser aucun répit ? (Je vous laisse mijoter là-dessus).

Revenants et peaux d’animaux

« Halloween », de l’anglais « All Hallow Even », trouve ses origines dans une grande célébration celte  appelée Samhain (à prononcer « showen »). À l’époque, la croyance voulait que l’esprit des morts revienne sur terre lors de cette soirée de fin d’été, afin d’endommager les cultures et de jouer des tours aux vivants. Des rituels lors desquels les participants allumaient des feux et s’habillaient avec des peaux d’animaux étaient donc organisés pour éloigner les morts (pour le coup, je ne suis pas certaine du côté sexy de la chose).

L’influence des communautés romaines, puis chrétiennes, ont contribué à faire de l’Halloween ce qu’elle est aujourd’hui, une « Fête annuelle d’origine anglo-saxonne, célébrée le 31 octobre, à l’occasion de laquelle les enfants déguisés font en soirée la tournée des maisons de leur quartier pour quêter des friandises », selon L’Office québécois de la langue française.

Une fête avant tout, supposée être un moment de plaisir et non de contraintes!

Ding Dong : « Halloween! »

Certaines commissions scolaires du Québec ont décidé de faire la guerre aux bonbons… et l’Halloween n’y échappe pas. Pas de relâche pour la politique sur les saines habitudes de vie!
Certains professeurs sont invités à servir des muffins à la citrouille à la place de confiseries. Difficile de s’y retrouver, quand on pense qu’on incite les parents à donner « une collation spéciale».

Soyons franc : PERSONNE ne peut être contre les saines habitudes de vie… mais qu’entend-t-on, au juste, par saine habitude de vie? Est-ce le fait d’interdire les sucreries? Il serait intéressant de se rappeler que les bonbons existeront toujours! Eh oui… il y en à l’épicerie, dans les distributrices, dans les fêtes… et à l’Halloween. Face à ce constat, ne serait-il pas une bonne idée de leur faire une place? Puisque l’école est un lieu d’éducation qui sert de modèle, on s’attendrait à ce que les milieux scolaires prônent un équilibre dont les sucreries feraient partie. Il ne faut pas oublier que les aliments, lorsqu’ils sont interdits, sont généralement de plus en plus attirants!

La solution ???

Une histoire d’équilibre et de diversité!

Nous, cette année, on va oublier les contraintes et les injonctions en tout genre, et porter ce qui nous plaira, comme un costume de citrouille ou même un déguisement de banane.

Pour ma part, je vais très certainement manger des bonbons si le cœur m’en dit ; en plus, j’adore la guimauve. Pour celles et ceux qui ont des enfants, pourquoi ne pas en discuter avec eux ou avec votre entourage afin de trouver un équilibre entre vos valeurs et leur satisfaction? Il s’agit d’une belle occasion de sensibiliser les jeunes (et moins jeunes!) à l’importance de la diversité et de l’équilibre!

Jessie et Mélanie

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