Bienvenue au sommet

sommet

Testing, 1,2, 1,2.

Bonjour?

Il me semble que des lunes ont passées depuis la dernière fois où je me suis arrêtée pour écrire quelques lignes. Cette activité qui a emplie ma jeunesse ne m’est plus du tout familière. Je vois que ma plume fonctionne toujours, il reste simplement à voir si elle aura quelque chose à raconter ou si ce long silence laissait présager cette absence de contenu.

Je crois que mes dernières pensées mises sur papier date du Cégep, probablement vers la fin de mes 18 ans, cette année trouble. J’ai l’impression que c’était hier, mais heureusement, bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis. Vous vous demandez surement pourquoi je décide d’écrire aujourd’hui? Quelle est ma motivation intrinsèque à salir une si belle feuille de papier? Je crois que 4 ans après les évènements qui ont chamboulés ma vie, je suis rendue au point où j’ai besoin de faire un bilan. Qui suis-je devenue avec le temps? Le vieil adage dit que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, mais est-ce réellement le cas?

J’ai 22 ans, je suis à l’école, j’ai un travail, je partage ma vie avec un homme merveilleux et je suis somme toute en santé. Voila, je suis toujours debout et vivante, l’adage est confirmé. Je blaguais, bien entendu, mais vous devez commencer à me connaître après tout ce temps.

J’essaie de me resituer et de repenserà la personne que j’étais il y a quatre ans de cela, et malheureusement mes souvenirs sont flous. Il semble qu’on a tendance à oublier ce qui ne nous plaît pas, la mémoire sélective disent-ils, serait-ce ce que j’ai fait? Je ne le saurai jamais. Même si mes souvenirs sont informes, une chose est certaine; j’étais triste, malheureuse même, voir à l’agonie.

Le poids de la vie pesait sur mes épaules comme Jésus et sa croix. Vivre était une souffrance que j’endurais et qui ne m’apportait guère de plaisir. J’avançais jour après jour avec un nuage noir se développant au-dessus de ma tête et qui prenait de l’ampleur comme une cellule orageuse en plein mois de juillet. Je ne voyais pas le bout du tunnel et je ne croyais pas qu’il était possible pour moi d’aller mieux un jour. J’étais méprisante envers les gens heureux, je leur en voulais d’être aussi inconscient de leur absurdité. J’avais envie de leur demander s’ils réalisaient que leur vie ne servait absolument à rien et qu’ils allaient tous mourir éventuellement, sans laisser aucune trace, et que leur passage sur terre s’évanouirait six pieds sous celle-ci. J’étais irritable, fatiguée et je voulais simplement que tout s’arrête autour de moi. Heureusement, ce n’est pas ce qui s’est produit.

On dit de la guérison qu’elle est un chemin montagneux, avec des sommets et des cratères qui nous font perdre espoir. Mais ce que l’on ignore, c’est que chaque fois que l’on réussis à remonter la pente abrupte du cratère, on repousse la prochaine chute. Je me disais que jamais je ne m’en sortirais, que je n’étais pas comme les autres, que la maladie était ancrée en moi, qu’elle était moi.

J’ai vécu mon adolescence avec le trouble alimentaire, j’ai grandi avec lui et il m’a donné des leçons tout au long de mon développement. Il m’a tenu la main quand j’avais peur, et m’a planté multiples couteaux dans le dos quand je réussissais à trouver un peu de bonheur. Il m’a formé et est devenu l’emblème de mon identité. J’étais devenu lui, alors comment allais-je pouvoir guérir?

Ma première phase d’affrontement eu lieu en 2010. J’étais en cinquième secondaire, et la vie me rongeait déjà. Ce fut la première fois que j’acceptais de recevoir de l’aide et ce après 4 ans d’enfer. Cette bataille dura 6 mois, et ensuite je décidai que tout allait bien et que je n’avais plus besoin de personne pour vaincre ce monstre.

Début 2011, j’ai connu une importante rechute. Non pas que mon combat solitaire s’était jusque là bien déroulé, mais disons que je m’en sortais. Février 2011, plus précisément, je prenais la décision de me rendre au bout de mes objectifs, ou des objectifs du trouble plutôt. Août 2011, j’ai été référée au CHUL pour commencer un suivi en Clinique externe. Janvier 2012, j’étais hospitalisée.

Fin mars, je sortais. Suivi en clinique pour quelques mois, puis arrêt des suivis en septembre 2012. 2013, j’ai combattu par moi-même, pour rappeler en 2014 et être de nouveau suivi.

Ouf. Petit sommaire récapitulatif pour ceux qui ne se souvenaient plus des aléas de mon processus de guérison. Alors, où j’en étais? Ah la guérison, ce processus qui est une montagne!

Mais vous savez quoi? Même si le sommet de la montagne semble inatteignable, tellement loin que l’on ose à peine y arriver, et bien il existe. Il est possible de franchir une marche qui nous amène sur un palier, tout en haut, avec une magnifique vue sur l’existence. La montée est ardue, je vous l’accorde, mais je vous garantie que le paysage en vaut la peine. Cependant, même une fois au sommet il faut rester sur ses gardes, car on peut trébucher et dévaler la pente.

J’ai 22 ans et je ne croyais pas dire ça un jour, mais j’ai la chance d’avoir eu à affronter une épreuve hors du commun. Je suis jeune et je me connais maintenant comme si j’avais passé toute ma vie avec moi. J’ai appris à m’affirmer, à dire ce que je pense et à ne pas avoir peur d’être moi, mais j’ai surtout appris à reconnaître mes limites.

Je regarde la vie d’un œil nouveau. Bien entendu, certaines choses me semblent encore être des montagnes, mais je crois que cela est davantage du à ma personnalité anxieuse, plutôt qu’à une maladie quelconque, et j’ai appris à  l’accepter. Cette semaine, je suis allée courir pour la première fois parce que j’en avais profondément envie, et non pas parce que je pensais aux calories que cela allait me permettre de brûler. J’ai couru pour le plaisir, parce que mon corps avait envie de prendre l’air et de s’activer, parce qu’il avait l’énergie pour le faire, parce qu’il se sentait libre. J’ai regardé le soleil et je le remerciais de briller de la sorte. J’ai pris goût à la vie et aux choses simples. J’ai arrêté de me dire que le bonheur viendrai plus tard, quand j’aurai perdu du poids, quand j’aurai fini mon université, quand j’aurai des enfants. Je détestais les gens qui me disaient qu’on construisait son propre bonheur, parce que ça l’avait l’air tellement facile de le dire et que ça ne s’appliquait pas à moi, car j’étais condamnée à être malheureuse. Il semble que je me sois trompée et que ces gens avaient raison, le bonheur on le choisit, on le crée, on le matérialise avec nos rêves et nos actions.

Aujourd’hui, je ne déteste plus la vie, et c’est probablement la plus belle chose qui pouvait m’arriver. Ce serait mentir que de vous dire que la vie est toujours rose, mais lorsqu’elle s’ennuage, je ne laisse pas le temps au temps gris de s’installer, puisque j’ai maintenant des outils pour amener une Éclaircie 😉

Amylie

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s