Fanm djòk, Fanm fò, fanm flè.
Je suis une jeune femme guadeloupéenne et martiniquaise. Mes îles sont fortes de leurs histoires complexes et multidimensionnelles. Sur ma tête, je porte un héritage, plus qu’une simple chevelure. Je porte, la tête haute, le poids de batailles, de discrimination, de spiritualités entremêlées et d’une beauté sans pareil.
Je suis une fleur de la caraïbe, venue fleurir à Québec, sans jamais oublier d’où j’ai pris racine.
Je viens de là où la chaleur vient du soleil et du cœur des gens. Sur mon petit bout de terre, mosaïque de cultures croisées et colorées, j’ai appris à être une femme ambitieuse.
Mes ambitions m’ont mené à voyager, à immigrer.
Ma peau caramel s’est laisser caresser par les flocons blancs. J’ai laissé les kilomètres de sables pour l’ivoire de l’hiver.
J’ai exploré les ruelles à la française, je me suis laissé tenter par les poutines. J’ai ris et grelotter. J’ai pleuré et admirer.
Dans mes découvertes, j’ai été surprise par les recoins sombres du racisme, insidieux.
Je suis une femme des îles, sujet qui attire autant de haine que de fétichisme.
Dernière les plus beaux sourire m’ont attendu les commentaires les plus tranchants. Le diable s’est habillé en Prada tant de fois. Le racisme est tellement systémique et culturel que beaucoup en ont oublié la présence en arrière des discours quotidiens. La haine se fait amie de l’ignorance. Sur des terres volées, violées, chaque jour est une opportunité d’apprendre, s’ouvrir.
« I will not have my life narrowed down. I will not bow down to somebody else’s whim or to someone else’s ignorance »
⁃ bell hooks
En ce mois de l’histoire des noires, je suis fière d’être une femme noire, fière des dombrés ouassous de ma mère, du chocolat de communion de ma grand-mère.
Je revendique mon créole et mon ka. Je porte dignement le vert, le noir, le rouge et le jaune.
« Lè man tonbé
Man rilévé
Chèché tjenbé…
Man pa lé manti sa rivé, man douté I ni dé lè man fò, i ni dé lè flòkò Mé si an la ankò Sé pas i ni an limiè… An trézò »
⁃ Jocelyne Béroard, An limiè
Un texte de tiffany mj
